J’essaie de me libérer mais je le sais, je le sais bien, me débattre ne me servirait à rien… aussi je me concentre sur ce qui m’est possible, et la seule chose, la seule alternative qui s’offre à moi… l’urgence même !... est de remettre mes idées en place. « Pas de précipitation en conjecture, pas de panique, respire profondément, essaie de te souvenir, dialogue ! Fais connaissance ! Comprends ! Adapte-toi ! Bon sang ! Analyse, analyse ! »

Tout d’abord, je me trouve certainement dans un sous-sol car dans cette pièce d’environ 20 mètres carrés il n’y a aucune fenêtre, tous les murs sont en parpaings. Derrière elle ? Deux ombres chuchotent dans un coin de l’entrée, cette sortie que je ne distinguais pas lorsque j’étais allongé.

Cette petite ouverture d’à peine un mètre soixante-dix de hauteur et qui impose que l’on se courbe pour la franchir… que l’on se courbe ? Comme… comme le portail dans cette ruelle d’Istanbul… Bizarre écho qui me revient maintenant… Ce n’est pas le bon moment pour m’égarer dans mes souvenirs… Pas le bon moment !

Elle est faite en acier, à l’instar d’une porte blindée sécurisant un coffre-fort et cette nouvelle découverte me donne un argument de force pour entretenir mon état de grand stress.

Au plafond ? Quatre néons dont un seul est allumé, le plus éloigné de moi.

_ Restez calme et tout se pa-sse-ra bien.

D’instinct je me dis que si quelqu’un vous demande de vous calmer alors que vous avez toute la peine du monde à bouger, c’est qu’il suggère à votre cœur que la situation nécessite que vous paniquiez, et cette simple phrase, cette recommandation qui n’avait rien d’anodine, provoque instantanément en mon âme une vive émotion et en même temps qu’elle, je prends un peu plus conscience que je suis dans sacré pétrin.

 
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