Au début on pense, puis on oublie de penser et   on commence à compter… Un pas devant l’autre et un autre après l’autre et encore un autre suivi d’un autre… J’avançais telle une tortue, petit à petit, mais j’avançais tout de même, la tête toujours baissée et les épaules voûtées.

Ne jamais regarder l’horizon plus que nécessaire, ne pas perdre espoir, ne pas s’arrêter, continuer coûte que coûte en songeant à l’arrivée, en songeant seulement à l’arrivée dans le village de Bogd, pas au terminus, surtout pas ! Juste à ce prochain arrêt… Un pas, puis un autre et encore un autre… Le pied droit, le pied gauche… Le pied droit, le pied gauche… Changer de main pour tenir les sangles, s’arrêter deux minutes pour se rafraîchir. Prendre une demi-heure pour manger… Décharger ma chamelle afin qu’elle se repose, qu’elle boive, qu’elle s’éloigne juste le temps de souffler, puis reprendre notre course vers ma destinée.

Marcher un pas devant l’autre et un autre après l’autre et encore un autre suivi d’un autre … Ne jamais s’arrêter, si ce n’est pour pisser, boire, respirer… Supporter le poids considérable de l’atmosphère sous un astre aveuglant, qui orgueilleux, souhaitait peut-être éclairer les profondeurs de la terre en noyant l’espace d’un trop plein de lumière.

La chaleur devient physique, elle se voit à l’œil nu et déforme tout par sa seule présence. Ainsi le sol semble se mouvoir tandis qu’au loin le paysage se met à danser…

Le pied droit puis le pied gauche, un pas après l’autre, un pas après l’autre, un pas après l’autre… Il n’y a pas d’autre moyen pour avancer… Non pas d’autre moyen !

 
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